Du Tour de l’Ain au Critérium du Dauphiné, Jake Stewart change de dimension
13 juin 2025

Il a levé les bras dans la fournaise du Mâconnais, moulinant un sprint rageur qui a cloué le grand Jonathan Milan et fait taire le bruit des pronostics. Jake STEWART, 25 ans, a cueilli à Mâcon la cinquième étape du Critérium du Dauphiné - la plus belle ligne de son palmarès naissant et le premier succès World Tour de l’équipe Israel–Premier Tech cette saison.

Le coup de feu d’un sprinteur qui sait patienter
Formé chez Groupama FDJ, le Britannique avait déjà montré des dents acérées en terres françaises : double lauréat de l’étape d’ouverture du Tour de l’Ain (2022 puis 2023) où il avait endossé le maillot jaune à Val Revermont et la Plaine Tonique.
« Je savais que ce genre de final vallonné me convenait », glissait il hier, encore médusé d’avoir résisté à la meute – et à la longue ligne droite Mâconnaise – alors que le maillot jaune Remco EVENEPOEL, retardé par une glissade sans gravité, coupait la ligne quelques secondes plus tard.

De l’Ain aux Alpes : une rampe de lancement
Si la victoire de STEWART éclate aujourd’hui en pleine lumière, c’est bien sur les routes sinueuses du Tour de l’Ain qu’il a appris à gagner. Depuis sa création en 1989, l’épreuve bressane joue le rôle de laboratoire :

Julian ALAPHILIPPE (désormais double champion du monde) y avait débloqué son compteur pro sur la dernière étape en 2024.
David GAUDU avait signé sa grande première lors de l’étape montagneuse Lagnieu Oyonnax en 2017, à tout juste 20 ans.
Romain BARDET, lui, s’y était offert sa première course à étapes en 2013, prélude à ses podiums sur la Grande Boucle.
Le palmarès de la course liste encore Warren BARGUIL, Pierre LATOUR ou Michael STORER – preuve qu’entre plaine de la Bresse et cols jurassiens, le Tour de l’Ain sert de révélateur au plus haut niveau.

Le trait d’union Ain-Dauphiné
La réussite actuelle de STEWART confirme la passerelle : 75 kilomètres seulement séparent les rives de la Plaine Tonique – théâtre de son triomphe 2023 – du rond point où, hier, EVENEPOEL a évité de justesse la casse.
« On sous estime parfois le Tour de l’Ain, mais c’est une course qui vous apprend à tout faire : sprinter sur des routes rugueuses, grimper le Grand Colombier, sentir le vent de la Bresse », soufflait STEWART en zone mixte. « Sans ces deux étés à gagner là bas, je ne célèbre pas aujourd’hui. »

Et maintenant ?
À la veille du triptyque alpin Combloux–Valmeinier–Mont Cenis, le Britannique ne vise pas le général. Il rêve d’une place pour le Tour de France et sait qu’une victoire au Dauphiné change tout : dans le peloton, les petites étapes propulsent parfois vers de très grandes histoires. STEWART l’a appris dans l’Ain ; il l’écrit maintenant sur les routes du Dauphiné.